Accouchement avec séjour écourté : retour sur le projet pilote du CHR


Publié le Jeudi 15 Juin 2017

Suite à l’appel à projet lancé par la Ministre de la Santé Maggie de Block, le projet pilote, « accouchement avec séjour hospitalier écourté » du CHR Mons-Hainaut avait été sélectionné début 2016. Sept projets avaient été épinglés et le CHR fait partie des sept hôpitaux retenus. Notre institution est le seul hôpital non-universitaire à prendre part à ce projet pilote. Un an plus tard, 85% des mamans ayant intégré le séjour écourté se disent satisfaites de leur prise en charge. Au total, 60% des patientes ont pris part à ce suivi spécifique mis en place au CHR depuis 2016.

L’intégration des patientes dans le projet « séjour écourté » se réalise sur base du volontariat. Il est destiné aux futures mamans pour lesquelles on prévoit un accouchement sans risque. Si une patiente refuse d’y participer, elle sera suivie de manière classique avec un retour à domicile 72 heures après l’accouchement au lieu de 48 heures. « Si nous détectons une vulnérabilité physique, sociale, financière ou psychologique chez la future maman, nous n’allons pas plus loin. Toutes les mamans ne sont pas concernées par notre projet pilote. De plus, nous nous adaptons. S’il y a eu césarienne ou accouchement l’après-midi à 16 heures par exemple, la maman reste hospitalisée en réalité plus de 48 heures », explique Valérie Dejonghe, sage-femme en chef à la Maternité du CHR Mons-Hainaut.

Des consultations prénatales

Le projet pilote met l’accent sur le suivi des mamans avant, pendant et après l’accouchement. En collaboration avec l’équipe médicale, trois consultations prénatales avec une sage-femme du CHR sont proposées pendant la grossesse. La première, à 20 semaines de grossesse, est basée sur l’information administrative (prime de naissance, crèche…) ainsi que sur le suivi alimentaire de la future maman. La seconde, à 26 semaines de grossesse, est centrée sur le déroulement de l’accouchement. L’équipe réalise également une visite du bloc d’accouchement et des installations de la maternité. La dernière consultation est prévue à 36 semaines de grossesse. La sage-femme y prépare la maman à son retour au domicile : éducation sanitaire, allaitement, information sur les titres-service (souvent offerts par la commune ou la mutuelle), repas à prévoir à l’avance, entourage familial à mobiliser, etc… « Durant ces consultations, nous réalisons une anamnèse. Si nous détectons un problème éventuel, nous pouvons orienter la maman vers un assistant social. Sans ces consultations, nous ne pourrions faire face à des situations imprévues et problématiques au moment de l’accouchement. En fonction de ce que nous observons, nous intégrons la maman ou pas dans le projet séjour écourté. L’encadrement est très pointu, codifié et se réalise toujours sur base du volontariat », détaille Valérie Dejonghe.

Une sage-femme à domicile

De plus, les mamans sont accompagnées et reçoivent la visite à domicile des sages-femmes (24 heures et 48 heures après la sortie de l’hôpital, dimanche et jours fériés compris). Ces dernières contrôlent tous les paramètres du bébé et répondent à toutes les questions des mamans. Les sages-femmes peuvent également rapporter un problème éventuel à l’équipe hospitalière. « Nous appliquons des normes très strictes imposées par le Ministère de la Santé. Les mamans sont également revues par le Pédiatre 7 jours après l’accouchement, et à nouveau par la sage-femme 10 jours après la sortie de la Maternité. Les mamans sont beaucoup plus encadrées que dans le cadre d’un accouchement classique où elle ne sont vues qu’une fois après la sortie. » A noter, seul 1% des enfants nés dans le cadre de ce projet ont dû être hospitalisés à nouveau (cas d’ictère).

Une équipe très investie

L’équipe des sages-femmes de la Maternité du CHR Mons-Hainaut est très impliquée dans le projet « accouchement avec séjour écourté ». Elles prennent à cœur de suivre les mamans et les bébés qu’elles ont encadré depuis le début de la grossesse. « Depuis juillet 2016, seules deux mamans qui entraient dans les conditions ont refusé de prendre part au projet. J’insiste sur le fait que nous travaillons sur base de volontariat. Nous n’imposons rien. Les sages-femmes connaissent bien les patientes et réalisent un suivi personnalisé. Le projet est très codifié et très avantageux  (pratique du tiers payant) pour les jeunes mamans qui bénéficient d’un encadrement important avant, pendant et après leur grossesse. Enfin, nous les appelons pour prendre des nouvelles jusqu’à six mois après l’accouchement. Nous sommes toujours joignables. Le projet a évolué depuis son lancement et nous avons corrigé certaines lacunes. Notre équipe est convaincue et impliquée. Dans la grande majorité des cas, les mamans sont ravies par leur prise en charge », conclut Valérie Dejonghe.

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