Prélever des organes pour sauver des vies


Publié le Mardi 24 Mars 2015

Depuis de nombreuses années, le CHR Mons-Hainaut est intégré dans un réseau de don d’organes. En collaboration avec le centre de transplantation de l’UCL, c’est toute une équipe d’infirmiers et de médecins qui travaille autour du projet « GIFT ». Un aspect parfois méconnu du travail dans les hôpitaux belges mais pourtant essentiel pour les milliers de receveurs potentiels en Europe.

Christophe Hennebert est infirmier Chef de Service au CHR Mons-Hainaut. Depuis plusieurs années, il s’investit dans les dons d’organes et le suivi des donneurs potentiels. En 2010, le CHR Mons-Hainaut a intégré le projet GIFT (« cadeau » en anglais). Il s’agit d’un projet lancé en 2006 par le SPF Santé Publique, dans le cadre de la campagne de sensibilisation aux dons d’organes (« Beldonor »). L’objectif étant d’optimaliser la détection précoce des donneurs potentiels. Suite à une directive européenne de 2010, ce projet s’est transformé progressivement en une fonction de « Coordination locale des donneurs » pour tout hôpital où il existe une possibilité de dons. Le CHR Mons-Hainaut a obtenu l’agrément pour cette fonction depuis juillet 2014. Cette année, Christophe Hennebert sera officiellement nommé coordinateur local. Son rôle est de prendre en charge les potentiels donneurs au sein du CHR Mons-Hainaut, en collaboration étroite avec le centre de coordination et de transplantation de l’UCL. Avant l’intégration au projet GIFT, le CHR Mons-Hainaut travaillait déjà avec celui-ci. Ce sont les Drs De Leener et Siraux qui ont lancé le projet. Lorsque Christophe a rejoint les soins intensifs sur le site Warquignies, il a continué à travailler sur ce projet. « L’équipe infirmière de Warquignies a porté le projet au départ du travail des deux médecins. Avec la neurochirurgie sur le site Warquignies il y a davantage de possibilités de dons. Quand nous avons un don possible, nous le signalons au centre de transplantation. Nous leur transmettons les données médicales et administratives nécessaires et ils consultent le registre national. » En effet, chaque citoyen peut signifier à la commune s’il accepte ou refuse le prélèvement de ses organes en cas de décès. « C’est important de le signaler à l’administration communale. Cela enlève un poids émotionnel supplémentaire aux proches si un évènement malheureux devait se produire. » Par ailleurs, la loi belge repose sur le principe « qui ne dit mot consent ». Chaque citoyen est donc susceptible de donner ses organes s’il n’a rien signifié de son vivant. Néanmoins, en l’absence d’avis au Registre National, le médecin et le coordinateur s’adressent toujours à la famille du donneur potentiel pour obtenir leur consentement. « En pratique, avant de parler à la famille d’un éventuel don, nous soumettons le dossier au centre de transplantation pour vérifier la faisabilité du prélèvement. » En effet, celui-ci peut être refusé en cas de contre-indications médicales (toxicomanie, cancer, maladie infectieuse…).

Si le centre de transplantation donne son feu vert, la procédure de don est lancée. Le patient doit être en état de mort cérébrale que l’on diagnostique, entre autre, par un électroencéphalogramme. A ce moment, le patient est sous respirateur. Un don d’organes est anonyme, ni le personnel médical et infirmier, ni la famille ne connait l’identité des receveurs.

Un réseau européen

La Belgique ainsi que sept autres pays européens (Allemagne, Autriche, Croatie, Hongrie, Luxembourg, Pays-Bas et Slovénie) font partie d’Eurotransplant (www.eurotransplant.org). Il s’agit d’un organisme centralisant toutes les données des receveurs potentiels. Eurotransplant œuvre pour une utilisation optimale des organes disponibles en établissant la meilleure combinaison possible entre organe et receveur. « Eurotransplant augmente donc les chances d’avoir un donneur compatible. »

Quelque part dans la zone Eurotransplant, un receveur est alors contacté et doit se rendre dans un des hôpitaux de transplantation. « La cellule de transplantation nous envoie une équipe chirurgicale. Je contacte alors l’infirmier en chef du bloc opératoire pour préparer une salle et prévoir un anesthésiste. Tout est bien rôdé. » Une des appréhensions de la famille est « l’état » de leur proche après le prélèvement des organes. « Si on prélève des os, de la peau ou encore une cornée, on va les remplacer par des implants. Il y a un respect du défunt. L’enveloppe corporelle est préservée. Je l’explique à la famille et j’essaie de rester avec eux jusqu’au bout. » Après l’opération, les organes partent en ambulance qui peut être escortée par des motards de la police, en avion ou encore en hélicoptère. Comme les organes ne sont plus irrigués, ils sont conservés dans des boxes réfrigérés. Pendant ce temps, le patient receveur doit être prêt à être opéré. « La demande d’organes est toujours supérieure à l’offre, augmenter cette offre est notre objectif. Le but du projet GIFT est d’augmenter la détection de donneurs potentiels. »

La fonction coordination locale de dons au CHR Mons-Hainaut se mettra officiellement en place cette année. Elle sera composée d’une équipe pluridisciplinaire comprenant au moins un médecin responsable et un infirmier responsable. Ses objectifs seront la prise en charge des dons d’organes et l’aspect administratif qui y est lié, l’accompagnement des familles ainsi que la sensibilisation et la formation du personnel. 

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